
L’usage du safran est multiple dès la plus haute antiquité.
" Depuis plus de trois mille ans, les médecines, qu'elles soient chinoises, ayurvédiques, mongoles, égyptiennes, grecques, arabes, s’accordent pour faire du safran une quasi-panacée." *
Le safran a été utilisé comme antispasmodique, pour traîter les problèmes intestinaux, les douleurs mentruelles, pour soulager les douleurs dûes à la poussée dentaire chez les jeunes enfants... Aujourd’hui, Crocus sativus est utilisé en homéopathie selon de multiples indications. La recherche actuelle s’intéresse de près aux bulbes qui ont révélé des propriétés antioxydantes prometteuses dans le traitement des cancers.
Les courtisanes grecques l’utilisaient dans leurs parfums, onguents, mascaras. La légende prétend que Cléopâtre l’utilisait dans son bain pour se délasser bien sûr mais aussi pour rendre ses ébats des plus voluptueux. Depuis, ses prétendus pouvoirs aphrodisiaques ne l’ont pas quitté !
Des toges de l'Egypte antique, en passant par les bandelettes des momies et jusqu’aux tuniques du Dalaï Lama, c'est d'un jaune incomparablement profond que le safran teint les plus belles soieries.
Les Romains le brûlaient à la manière de l'encens dans les cérémonies religieuses et jonchaient de fleurs de safran le sol des salles de festin et des théâtres. Les moines l’utilisaient pour réaliser leurs enluminures. Depuis l’antiquité ses pigments ont recouvert papyrus, parchemins, murs…
Et bien sûr il intervient en cuisine pour sublimer les plats d’une couleur
délicieusement appétissante et d’une saveur si subtile… Pour résumer, le
Safran est à la fois une épice et un colorant utilisé en pharmacopée, gastronomie,
teinture, art (calligraphie, peinture, fresque), parfumerie, rites religieux…
Le safran, l'épice aux mille vertus !
* P.Aucante,
Le safran, Chroniques du potager, Actes Sud, 2000.